Une formation inédite en leadership pour les Rangers juniors canadiens

Galerie d'images

Communiqués / Le 30 août 2016

Par: Sergent Peter Moon, Ranger responsable des affaires publiques, 3e Groupe de patrouilles des rangers canadiens

Un groupe de Rangers juniors canadiens issus de toutes les régions du nord du Canada ont suivi une formation de deux semaines en leadership que beaucoup d’entre eux ont décrite comme étant exceptionnelle et la plus belle expérience d’apprentissage de leur vie.

Les 38 Rangers juniors, âgés de 15 à 18 ans, étaient issus de petites collectivités du Nord dans six provinces et les trois territoires. Pendant la formation, ils ont visité Toronto, Kingston, Ottawa et la base des Forces canadiennes Borden, où le cours était offert par le 3e Groupe de patrouilles des Rangers canadiens (GPRC). La majorité des Rangers juniors canadiens n’avaient jamais vu de gratte-ciel, utilisé le métro ni subi des températures aussi élevées que 30 à 34 °C.

« J’ai tellement chaud » a dit Heidi Kamookak, 16 ans, du petit village de Taloyoak dans le Nunavut, lorsque le mercure a atteint 34 °C avec beaucoup d’humidité dans le centre-ville de Toronto. « Je n’ai jamais eu aussi chaud. Chez moi, il ferait 12 °C. Tout ce que je souhaite, c’est d’aller sous la douche et d’ouvrir le robinet d’eau froide. »

La Ranger junior Rose Tagak, 17 ans, une Inuite de Pond Inlet, au Nunavut, a dit que juste le fait de se trouver à plus de 3 000 km de chez elle représentait un énorme défi. « Il y a trop de monde et trop d’édifices à Toronto et il fait trop chaud, » dit-elle. « Mais j’ai beaucoup aimé le cours. J’ai appris beaucoup de choses et je rapporte tout cela à la maison avec moi. Je veux mettre en pratique ce que j’ai appris. »

Le programme des Rangers juniors canadiens est un programme financé par les Forces armées canadiennes qui est régionalement adapté aux garçons et aux filles âgés de 12 à 18 ans qui habitent dans les collectivités éloignées et isolées du Nord.

Pendant le cours, les Rangers juniors canadiens ont reçu une instruction en classe donnée par des instructeurs de l’Armée canadienne et des Rangers canadiens. Ils ont appris les principes du leadership, la façon de composer avec diverses formes de stress, l’art oratoire et le travail en petits groupes et en équipes. C’était le premier cours national destiné aux Rangers juniors canadiens qui incorporait une séance inédite d’orientation en milieu urbain.

« Ces jeunes se débrouillent très bien dans la nature. Ils peuvent aisément se déplacer en canot, chasser et faire toutes sortes d’activités de plein air, » a dit le capitaine John McNeil, l’officier de l’Armée canadienne commandant les 750 Rangers juniors canadiens dans 20 collectivités des Premières nations du nord de l’Ontario. « Par contre, ce qu’ils devaient accomplir pendant ce cours se déroulait en partie dans une grande ville, un environnement qui est complètement inconnu de la majorité d’entre eux. »

« Ils ont dû organiser les tâches d’un petit groupe et d’un chef qui dirige ses pairs. Ils ont dû planifier un budget et apprendre comment utiliser les transports publics. La plupart d’entre eux n’était jamais monté dans un autobus ni un wagon de métro. Ils ont dû interagir entre eux et avec d’autres personnes dans des foules très nombreuses. »

« Au bout du compte, nous avons maintenant des jeunes hommes et jeunes femmes qui ont confiance en eux et qui peuvent travailler dans un environnement incertain. Ils ont appris à mener à bien une activité, du début à la fin. »

Beth Baxter, une Crie de Moose Factory, en Ontario, s’est exclamée : « Nous avons eu tellement de plaisir! ». « C’était vraiment génial! Pas une minute d’ennui. J’ai appris un tas de choses. J’ai beaucoup appris sur moi-même, comme mes qualités de leader et mes forces, et les points que je dois améliorer. J’ai hâte de travailler sur mes points faibles afin de pouvoir devenir moi‑même un leader. »

« Les instructeurs étaient fantastiques. Je les ai tous aimés. Ils m’ont aidée à sortir de ma coquille. Maintenant que je sais comment sortir de ma coquille, je peux aider d’autres le faire la même chose. »

À Toronto, les Rangers juniors canadiens ont dû planifier des déplacements pour de petits groupes à partir de leur résidence temporaire dans un collège communautaire aux confins de la ville vers le centre-ville pour visiter la Tour CN, le Musée royal de l’Ontario, l’Aquarium Ripley, le Temple de la renommée du hockey et le Centre des sciences de l’Ontario, et assister à une partie de baseball des Blue Jays. À Kingston, ils ont visité le Collège militaire royal du Canada, l’Old Fort Henry et la BFC Kingston. Ils ont vu la relève de la garde sur la Colline du Parlement, ont visité l’édifice du Centre de l’édifice du Parlement, le Musée canadien de l’aviation, le Musée canadien de la guerre et ont reçu la visite de l’honorable Elizabeth Dowdeswell, lieutenante-gouverneure de l’Ontario.

Le Musée canadien de la guerre a beaucoup impressionné le Ranger junior, Jack Linklater Jr., 17 ans, d’Attawapiskat, en Ontario, une communauté crie de la baie James. Le Musée présente une nouvelle exposition montrant le rôle des Autochtones dans les guerres auxquelles le Canada a pris part. « À Ottawa, ce qui m’a inspiré, c’est tous ces Autochtones qui ont participé aux guerres, comme la Première Guerre mondiale et la Seconde Guerre mondiale, » a-t-il dit. « Je ne savais rien de tout cela. Ce sont des héros. »

Comme bon nombre de Rangers juniors canadiens, il a dit qu’il aura besoin d’un peu de temps, une fois de retour dans son village, pour intégrer tout ce qu’il a fait pendant ces deux semaines de cours bien remplies. « Lorsque je serai de retour à la maison, je pense que je vais tout d’abord aller dehors, dans la nature, parce que la nature me manque beaucoup, puis je raconterai à ma communauté ce que j’ai appris avec tous ces gens provenant de cultures différentes de partout au Canada. »

Sa communauté d’Attawapiskat a fait la une des grands journaux du Canada cette année en raison de l’épidémie de suicides et de tentatives de suicides de jeunes gens.

« Je vais transmettre à ma communauté ce que j’ai appris pendant ce cours, » a-t-il dit. « Parce que si j’arrive à faire cela, je pourrai ramener l’espoir parmi mon peuple. Je vais me servir le plus possible de tout ce que j’ai appris. ”

Date de modification :